des petits bonheurs, des reportages avec Renardo, un code des blogs, des textes décalés et de fines biographies, c'est ce que j'ai choisi de donner en lecture.
Mon boudoir, je le vois comme un coin intime, retiré du monde. Un endroit où l'on peut ne rien faire, lâcher-prise. Une pièce sans fonction particulière, un espace à soi où l'âme vaticine.
Il y aurait un sofa rouge et des poufs en soie, des tentures moirées et des pampilles colorées. Je mettrais dans une vasque des pétales de roses rouges et des effluves de jasmin dans de petits encensoirs. Dans ce boudoir vivront tous mes trucs à petits bonheurs.
En regardant dans le dictionnaire, je me suis demandée si "bouder" avait un lien avec "boudoir". On peut dire que oui. En effet, bouder, c'est se retirer un peu, manifester en silence son mécontentement et ses humeurs. Voici ce que dit l'essayiste Alain à ce Propos :
C'est choisir son mal; c'est se venger de soi sur soi. L'enfant essaie cette méthode d'abord. Il crie de crier ; il s'irrite d'être en colère et se console en jurant de ne pas se consoler, ce qui est bouder. Faire peine à ceux qu'on aime et redoubler pour se punir. Les punir pour se punir. S'obstiner à être obstiné.
Précisemment, mon boudoir à petits bonheurs est à l'inverse de cette méthode. Cela dit, à bien réfléchir, il m'arrive d'expérimenter cette torture de salon avec les êtres que j'aime le plus et dont je teste l'attachement. Or, un bonheur, c'est tout le contraire.
Donc, mon premier objectif dans ce boudoir sera d'interroger cette furieuse envie de punir, de prolonger ma souffrance dans une étrange position d'orgueil pour m'en débarrasser. Ce sera un boudoir pour "débouder"....