J'essaye perpétuellement d'avoir du plaisir dans ce que je fais, donner un tour plaisant à mes journées. En plus, dans mon éducation, j'ai appris à réprimer des énergies "négatives" comme la colère, la plainte, l'humeur maussade. Je considère certainement ces choses comme de la mauvaise éducation.
Mais n'est-ce pas utopiste que d'essayer de vivre perpétuellement en énergies positives, dans le respect d'autrui ?
A bien y réfléchir, je pense que cela a ses limites. D'une part parce que lorsque je ressens de telles émotions "négatives" chez l'autre, je le reconnais, ça m'agace. D'autre part, parceque j'ai également des énergies négatives qui me traversent.
En fait, j'ai l'impression qu'à chaque émotion ou sentiment correspond son opposé. Un peu comme si notre architecture émotionnelle fonctionnait comme du courant, avec un pôle - et un pôle +. Lorsque j'expose un pôle, je refoule un autre, qui finit par m'exploser au visage.
Mon éducation m'interdit de "déplaire" à l'autre. Lors d'un récent repas de famille, mon beau-frère, qui fonctionne généralement en mode "agressif" en perpétuelle conquête de territoire, m'a justement agressé verbalement. J'ai tenté de lui répondre et de refuser son agression. Chose assez inconcevable pour certains qui préfèrent le subir...
Au fond de moi, il y avait une petite voix qui me chuchotait : <<Mais pourquoi ne réprime-t-il pas son agressivité et n'essaye-t-il pas d'être plaisant ?>>
Evidemment, cette histoire me permet de réveler ma part d'ombre. En même temps qu'il m'est impossible de subir autant d'énergies négatives...mais pour m'en défendre, je dois bien sûr en passer par une certaine réaction d'agressivité. Sorte de pulsion animale, l'instinct de survie.
Voilà comment j'ai appris que j'étais moi aussi un ours, polaire...