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Renardo fait son blog

 

Je vous invite à cheminer sur ce blog,

et parcourir différentes rubriques :

Ainsi Renardo en reportage, Question du jour, les petits bonheurs,

le code des blogs et les

textes décalés.

 

Je vous souhaite une bonne lecture.

 




Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /Avr /2007 19:01

Depuis longtemps déjà, les Béru tenaient leur boucherie-charcuterie rue de Rome à Marseille. Marcel Béru était l'archétype du boucher: jovial, gras, animant son commerce de son accent typiquement méridional. Il avait épousé la longue Marcelle, étroite comme une carte postale. Marcel avait l'habitude de dire qu'il avait épousé un couteau. Ce qui faisait beaucoup rire les clients qui venaient un peu pour la viande et beaucoup pour les disputes de Marcel et Marcelle.

Au début de leur mariage, tout allait bien, puis les choses se sont compliquées. Marcel aimait toujours trancher, couper, fendre, hacher, désosser tant les viandes rouges que les viandes blanches. Plus les viandes rouges peut-être.
Par dessus-tout, il aimait faire les saucisses. Il hachait les morceaux bas du cochon, avec un peu de gras. Il mélangeait le tout dans un pressoir et faisait glisser le mélange dans une tripe de boeuf. Il aimait sentir entre ses mains cette saucisse glissante, presque vivante qui s'enroulait ensuite dans une cuvette en alu. Il ne tarissait jamais d'explications sur ses pratiques charcutières, réputées dans toute la Canebière et au-delà, jusqu'au Quai des Belges.
Marcelle, elle, s'était peu à peu lassée de la viande, du sang, des boudins, des cervelats et au final, des paluches de Marcel.

Elle était entrée en résistance. Cela avait commencé le jour où un primeur bio s'était installé prés de la boucherie-charcuterie. Erwan-le "lapin parigot" comme l'appelait Marcel- vivait la biologie comme un sacerdoce. Il portait des chaussures en bois et ne se déplaçait qu'en vélo.
Avec Erwan, Marcelle comprit que manger, ce n'était pas un "plaisir" mais une thérapie. En entrant en végétarisme, elle devint sinistre. Au moment de la crise de la "vache folle", le couple faillit se séparer. Marcelle traitait son mari d'assassin. Marcel traitait sa femme de saucisse sèche.
Parce que Marcel avait besoin de sa Marcelle, il accepta de disposer sur son étalage des pâtés de soja et du tofu frais.

C'est ainsi que Marcel et Marcelle purent continuer à se supporter.
Si vous passez rue de Rome à Marseille, allez donc voir la Boucherie Béru, Marcel vous accueillera avec une histoire de tripaille et Marcelle vous donnera un joli bouquet de persil bio.
Par Popysabelle - Publié dans : biographies
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Dimanche 29 avril 2007 7 29 /04 /Avr /2007 01:40

Le blog a ceci de particulier par rapport au format "site internet", c'est sa périodicité, la nécessité d'un perpétuel renouvellement. Beaucoup de blogs choisissent une thématique, un format d'intervention de type épisode récurrent. Les lecteurs fidélisés s'attendent à retrouver des personnages, des rubriques...

Le format typique du blog est naturellement le journal intime. En observant les journaux intimes, j'ai noté qu'il s'agissait d'une formule essentiellement féminine.
Une chose m'étonne par rapport à cette production c'est le décloisonnement privé/public qu'elle manifeste. Un journal intime, par définition, est intime. Voire caché. On écrit des choses et particulièrement des choses que l'on a du mal à vivre, à dire... En passant par le biais du net, on affiche désormais nos mélancolies à travers la toile en essayant de trouver un lectorat. Un témoin.
Bizarement, le journal intime "papier" est quelque chose de caché, dont on craint en général qu'il tombe entre les mains de lecteurs. Je me souviens, il y a quelques années, je suis allée passer quelques jours chez un ami, et j'ai oublié chez lui mon journal. En y réfléchissant, je n'avais vraiment aucune envie plus ou moins consciente d'oublier ça chez lui. Il me l'a gentiment renvoyé par la poste et je n'ai jamais, jamais repris contact avec lui... J'ai vécu cela comme une honte totale, J'avais noté dessus toutes mes erreurs, échecs, noyades, diverses hontes...Je me suis sentie toute nue et indigne par rapport à l'image que je voulais donner de moi. Je me sentais minable. Je crois que pour beaucoup, cette mésaventure est un véritable cauchemar.

Etre lu, dans le cas d'un journal intime papier, est un accident, une épreuve, une crainte. Je suis alors particulièrement surprise et intriguée parce que le blog intime lui, à vocation à se diffuser, à se mettre délibérement à nu. Au contraire, c'est dans la diffusion et la lecture que le blog intime prend toute sa dimension. La publicisation de son espace privé devient un véritable enjeu.
Malgré tout, j'ai par ailleurs noté que certains blogueurs prennent des risques, qu'ils ne souhaitent pas que certains les découvrent, découvrent leur véritable identité. Il y a donc une sphère de lectorat que l'on s'autorise et d'autre que l'on redoute ou rejette. Je n'ai par exemple aucune envie de retrouver mon beau-frère comme lecteur !! Je me demande si d'autres, comme moi, ont choisi de divulguer ou pas, dans sa sphère de connaissances, la tenue d'un blog. Ce qui me laisse penser que la publicisation de sa vie privée est cependant limitée tout en dessinant des nouvelles frontières de l'intime.

Par Popysabelle - Publié dans : le code des blogs
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Texte libre


Expression du jour :
Je l'ai rencontrée aujourd'hui. Savez-vous ce que veut dire "l'enfer" d'une bibliothèque ????

C'est le rayon interdit, là où l'on range les auteurs sulfureux (type Sade, Céline...), les revues cochonnes...
L'enfer quoi !
L'Enfer de le bibliothèque Nationale a été créé en 1836. Aujourd'hui, le porno s'industrialise et se normalise au point que la notion d'obsédé sexuel est en passe de disparaître.


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